Ca s’est passé un…11 février

Illustration Témoignages - Véronique Jacquemoud

Le 11 février c’est la naissance légendaire du Japon, le décès de René Descartes, la naissance de Thomas Alva Edison, la création de la Cité du Vatican, la clôture de la conférence de Yalta

Le 11 février 1990, Nelson Mandela à 72 ans est libéré après 27 ans de captivité

Le 11 février 2016…

Mathis

Notre père a décidé de prendre son envol… dans la paix et la tranquillité

Comment, Cher papa, Pap’s pour les intimes, Pipel pour tous tes petits enfants ici présents, Clara, Emma, Romane, Anaïs… Oui comment – Pap’s – as-tu fait pour choisir cette date si forte dans l’histoire de l’humanité ?

Et puisque nous sommes ici entre nous, voyons d’abord un peu ensemble si tu avais quelques défauts ?

A l’unanimité nous répondons d’une seule voix OUI ! Absolument. Tu as même eu parfois, un talent fou pour les cultiver…

Avec le temps, nous avons compris que tu avais toujours « fait ton possible » pour nous guider, avec notre mère, dans une certaine approche de la spiritualité.

Etais-tu de ces êtres « parfaits », à qui l’on ne peut faire aucun reproche ? Nous sommes je pense ici unanime : ABSOLUMENT PAS !

As-tu été… As-tu fait… As-tu pensé comme NOUS, nous aurions aimé ?

As-tu finalement été « fidèle » à ce que nous attendions de toi… ?

Je ne pense pas… Et je peux le dire aujourd’hui, avec le recul, la maturité et l’apprentissage de la vie, heureusement !

HEUREUSEMENT que tu ne l’as pas été !

Comment ne pas saluer ta détermination à avoir tenté d’être dans la liberté de ce que tu étais. Avec tes blessures et tes propres souffrances. Mais aussi avec ton talent tu nous as offert et tu as défendu, sans relâche, tes convictions pour contribuer à une société meilleure. Pour beaucoup tu as été un leader, un homme inspiré et inspirant. Pour tes filles, Florence, Isabelle et moi-même, tu as été, avec l’aide de notre mère, un guide.

Parce que Oui mon cher papa, nous l’avons toutes et tous toujours vu, la seule femme de ta vie, tu le sais et tu nous l’a dit, était notre mère. Celle que as toujours appelée « maman »… Cette femme qui, jusqu’à ton dernier souffle de vie, tu as appelé pour être à tes côtés. Et elle a été là. Jusqu’à ton dernier jour.

Aussi je voudrais ici te témoigner, maman, Marie-Jeanne, au nom de mes sœurs et de tous ceux qui te sont proches et qui connaissent papa profondément, de notre reconnaissance, de notre gratitude et de tout notre amour – immense – envers toi, la seule femme qui ait accompagné papa tout au long de son chemin, et qui n’a finalement, pour nous autres, jamais cessé de t’aimer. La vie nous éclaire et nous illumine toujours de sa vérité criante là où nous ne voyons parfois, je dirais, qu’apparence ou erreurs, voire errances dans la recherche d’un bonheur espéré.

IMG_2287Quant à nous, est-ce un hasard si, Florence, notre grande sœur, est devenue journaliste d’investigation, capable de dénoncer et de défendre sans jamais échouer toutes les bonnes causes, celles de toutes les injustices. Est-ce un hasard si Isabelle, ma deuxième soeur a décidé de créer une maison de la parentalité pour guider les autres dans leurs moments de doutes et de désemparèrent face à la parentalité ? Les accompagner aussi vers la guérison et l’amour. Est-ce un hasard si moi-même je conseille et je guide des « Chefs » et des élus pour devenir inspirés et inspirants et vivre leur pouvoir en les aidant à défendre leurs valeurs humanistes, afin que vive l’équité et la solidarité sur cette terre ?

Voir le monde autrement, accompagner au changement, proposer un autre modèle du monde, c’est ce que tu nous as insufflé avec maman.

Alors, comment ne pas entendre que ton « indiscipline » était en fait marquée par un courage immense à vouloir vivre… et être présent au monde, avec tes propres moyens, ta vision, et toute l’énergie que tu as pu manifester ?

Souvent sans doute avons nous voulu, nous aussi, que tu sois autre, cet autre qui n’était finalement pas toi. Et quelle leçon nous as-tu donné ? Si ce n’est de ne jamais laisser mourir la flamme et la foi qui est en nous pour arriver, in fine, à devenir ce que nous sommes et à le transmettre avec toute notre force et notre énergie… aux autres. A tous ceux que nous aimons, nos proches comme à tous ceux que nous ne connaissons pas.

Chapeau bas papa… Tu es un homme remarquable, et jusqu’au bout de ton chemin… Et je voulais ici te dire combien je le respecte et le respecterais encore. Nous avons aujourd’hui envie de continuer et de transmettre, chacune à notre manière, ton enseignement. Nous avons envie de faire vivre cette flamme et cette foi en la vie. Cette envie d’encourager chacun à être ce qu’il a envie d’être, à sortir de ses dogmatismes et de ses croyances figées et enfermantes… Nous avons la foi pour aider chacun à avoir le courage de voir autrement et à se libérer de ses idées reçues, qui souvent détruisent plus qu’elles ne construisent la société de demain.

Qu’avons nous reçu de toi ? Si ce n’est ta générosité envers les autres, ton humanisme, ton socialisme dans le sens d’un combat inaltérable pour le partage des richesses et pour l’attention portée aux plus démunis, ton altruisme, ton empathie… mais aussi ton audace, ton intelligence, ton courage, ta créativité et ton sens de l’innovation.

Lors des attentats de Paris, que nous avions tentés de t’épargner, tu étais sur ton lit d’hôpital, et nous ne savions pas si tu allais t’en sortir suite à ta troisième chute…

Tu m’as dit au creux de l’oreille UNE phrase, une seule alors que tu n’avais, soit disant, plus toute ta tête : « Il faut acquérir la capacité d’accueillir »…

Belle leçon Pap’s ! Tu m’as encore bluffé, avec une telle conscience encore présente en toi du combat pour défendre le bien de l’humanité…

IMG_1208Comment ici ne pas te présenter ma gratitude de nous avoir guidé, jusqu’au bout de tes forces ? Et d’avoir fait ce chemin pour nous permettre également d’acquérir la capacité d’accueillir ton départ ?

Gratitude envers ce que tu nous as enseigné, la force et le courage.

Je t’ai observé depuis ton accident. Nous t’avons accompagné, avec tout l’amour que nous avions pour toi. Mais là encore tu m’as enseigné.

Car quelle a été ta démarche depuis plus d’un an ?

Tu as fait comme un don de toi, car malgré la souffrance et la maladie, tu as tenté de rester debout, seulement pour nous. Tu t’es relevé chute après chute, pour nous, et afin de nous permettre de nous accompagner à ton départ. La souffrance, tu l’as connu et tu l’as affronté. Elle ne t’a pas fait peur, tu l’as dépassé. Pour nous, tout simplement.

Derrière cette finesse et cette générosité, j’ai réalisé que tu avais toi-même, peut-être pour la 1ère fois, pu prendre conscience de l’amour que nous te portions.

« Donner pour recevoir » dit le proverbe… Nous t’avons donné tout notre amour et finalement nous en avons reçu au centuple de ta part.

P1010086Alors merci Papa pour tout cela. Pour toute cette belle aventure que nous avons eu la chance de vivre avec et grâce à toi.

Le soir du 11 février 2016, une étoile filante a duré si longtemps dans le ciel… Tu envoyais déjà un clin d’oeil de ta présence à nos côtés

Et si un jour, Pap’s, la société moderne inventait un « speed-dating » pour choisir nos parents comme on le fait actuellement pour choisir un conjoint (et si Pap’s, ça existe !!), et bien j’ai juste envie de te dire que je te re-choisirais à nouveau sans l’ombre d’une hésitation. Je t’aime et je t’ai toujours aimé. L’amour guérit de tout. Aussi Pap’s pars en paix avec tout l’amour que nous avons pour toi et qui ne s’épuisera jamais.

2018-05-07T17:22:53+00:00